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Agnès Thill : « La loi sur le séparatisme supprime cette liberté d’enseignement qu’est l’instruction en famille »

Par

Alexis Collin

Publié le

19 janvier 2021

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Agnès Thill

En quoi considérez-vous que la loi confortant le respect des principes de la République constitue-t-elle une atteinte à la liberté d’enseignement ?

L’article 21 supprime tout simplement cette liberté d’enseignement qu’est l’instruction en famille. Le gouvernement va vous dire qu’il ne l’abolit pas, car elle sera toujours possible ; mais ce sera seulement par dérogation. Vous pourrez demander l’autorisation, et selon votre cas, vous l’aurez peut-être, en fonction des quatre situations où cette dérogation sera légale. Par exemple, les raisons de santé. Il faudra vraisemblablement davantage de justifications au fil du temps. Nous ne sommes donc plus dans un régime de droits mais d’interdiction. C’est cela qui est une atteinte à la liberté d’enseignement.

Le gouvernement profite-il de ce projet de loi pour avoir un plus grand contrôle de l’éducation des enfants ?

Oui, je trouve qu’il profite de cette crise sanitaire où les gens sont appliqués à survivre et ne peuvent pas se mobiliser. Je pense à la loi bioéthique qui passe en ce moment au Sénat, et contre laquelle la mobilisation est extrêmement compliquée. La loi contre le séparatisme doit renforcer les principes républicains, et l’objectif louable est de lutter contre l’enseignement de l’islam rigoriste. Mais l’article 21 punit tout le monde, y compris ceux qui sont totalement vertueux avec leurs enfants, qui se déclarent, et acceptent les contrôles.

Je suis évidemment d’accord pour que l’État s’occupe des enfants qui reçoivent dès trois ans un enseignement islamiste. Mais je ne comprends pas pourquoi on embête tous les autres

Il suffirait de croiser les fichiers pour gérer ceux qui posent problème. Je suis évidemment d’accord pour que l’État s’occupe des enfants qui reçoivent dès trois ans un enseignement islamiste. Mais je ne comprends pas pourquoi on embête tous les autres. Cela signifie que la seule éducation possible devrait être celle de l’État. Or, il se trouve que celle-ci est loin d’être parfaite. Par exemple, en science et en langues étrangères, nous sommes moins bons que beaucoup de pays développés. [...]

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