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Avortement : à l’ouest, un nouvel espoir 

Par

Aurore Leclerc

Publié le

30 juin 2022

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Vendredi 24 juin, la Cour suprême américaine a renversé l’arrêt Roe vs Wade, qui jusqu’alors constitutionnalisait le droit à l’avortement aux États-Unis. Un arrêt fallacieux dévoyant le principe constitutionnel du « respect de la vie privée » et qui empêchait l’interdiction de la pratique. Désormais chaque État américain légiférera à sa guise. Dès l’annonce de la décision, les États conservateurs promulguent des « trigger laws » (des lois déjà prêtes) limitant ou interdisant l’avortement, parfois y compris en cas de viol et d’inceste. Les militants pro-vie célèbrent une décision historique, face aux pro-choix qui hurlent à la régression.

Eux, se prétendent « pro-choix », mais leur discours bien souvent n’en propose pas. Nul choix autre que l’avortement pour les femmes en difficulté. Eugénisme social assumé. En outre, choix implique liberté, mais n’est libre que le choix éclairé. Il s’agirait donc de ne pas cacher la réalité de l’acte, ni les risques qui en découlent. Pourtant, quel que soit le rivage de l’Atlantique, le discours des partisans de l’avortement tend vers une banalisation, qui vire à la désinformation.

Celles qui témoignent parlent de douleurs atroces, d’hémorragies, d’un mini-bébé qui tombe dans les toilettes ou la baignoire

L’enfant est nié, au point que dans les services dédiés, la consigne est de ne jamais prononcer le mot « bébé », de ne pas montrer les images de l’enfant, et surtout de ne pas faire écouter les battements de son cœur à sa mère. Entendre le cœur de son enfant risquerait de faire prendre conscience à la femme de la vie qui grandit en elle, et la faire changer d’avis. De même, la plupart des femmes n’ont aucune idée du déroulement d’une IVG, avant qu’il ne soit trop tard. D’où la nécessité de rappeler, encore, en quoi consiste un avortement selon le stade de la grossesse.

En deçà de sept semaines de grossesse, on administre deux comprimés. D’abord un antiprogestatif qui arrête la grossesse et décolle l’embryon, ensuite la Prostaglandine (avalée 36 à 48 heures plus tard) qui donne des contractions utérines et provoque une fausse-couche. Celles qui témoignent parlent de douleurs atroces, d’hémorragies, d’un mini-bébé qui tombe dans les toilettes ou la baignoire. Un mini-bébé avec deux points pour les yeux, des petites mains et pieds déjà formés.

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À partir de la septième semaine de grossesse, les comprimés ne suffisent plus car l’enfant est déjà bien accroché. On passe à l’avortement chirurgical sous anesthésie. On dilate le col de l’utérus et on insère une canule d’aspiration. Le fœtus est broyé par l’aspiration. Ensuite on procède au curetage de la paroi utérine en aspirant les résidus, avec le risque d’abîmer voire de percer ladite paroi.

Au-delà de 12 semaines de grossesse, l’ossification du squelette a commencé. Il faut donc broyer le crâne de l’enfant à la pince, le démembrer afin de l’évacuer morceaux par morceaux. Une étude de 2019, intitulée « Reconsidering fetal pain » et publiée dans le Journal of Medical Ethics, démontre que le fœtus peut ressentir la douleur (de manière pure et immédiate) dès la treizième semaine de grossesse. Nombreux sont les médecins traumatisés, après avoir vu à l’échographie l’enfant reculer devant l’avancée de la pince. Au-delà de 22 semaines de grossesse, la mort de l’enfant est provoquée par injection intracardiaque (ou intra-ombilical) de chlorure de potassium, puis on déclenche la fausse-couche.

Tolérer l’avortement c’est permettre qu’on élimine l’être le plus fragile qui soit, là où il devrait être absolument en sécurité

L’avortement est donc une boucherie, littéralement. Une boucherie pour l’enfant que l’on massacre, une boucherie pour la mère meurtrie dans sa chair et dans son âme. Les risques de l’avortement ? Hémorragies, fausses-couche ultérieures, stérilité, syndrome post-abortif, dépression, tentatives de suicide. Celles qui ne se remettent jamais du traumatisme sont priées de se taire, afin de ne pas répandre un « discours rance et culpabilisant ». Seules celles qui ne vivent aucune séquelle sont invitées à s’exprimer sur la place publique.

L’avortement est une abomination sur le plan éthique et anthropologique. D’abord sur le plan éthique : le corps de l’enfant n’est pas une extension du corps de la femme. Il a son propre code génétique, il n’est ni un parasite, ni une tumeur. Ce n’est pas parce qu’il est en formation qu’il n’est pas vivant. Ses membres sont formés, il suce son pouce, avale et sent le goût du liquide amniotique, calque ses battements de cœur sur ceux de sa mère et reconnaît sa voix. Quelles que soient les circonstances de sa conception, l’enfant à naître n’en est pas responsable. D’autant qu’ajouter un avortement sur un viol n’est certainement pas le meilleur moyen d’aider une femme victime. Tolérer l’avortement c’est permettre qu’on élimine l’être le plus fragile qui soit, là où il devrait être absolument en sécurité.

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Sur le plan anthropologique, l’avortement détruit l’inconditionnalité de l’amour maternel. « Si j’étais arrivé au mauvais moment, ou avec un chromosome en plus, m’aurait-elle gardé ? » Une question qu’aucun enfant ne devrait jamais se poser. L’avortement c’est aussi le tri génétique : si un enfant est handicapé, sa vie n’en vaudra pas la peine. Même chose s’il n’est pas « désiré ». Laisser « le choix » à la mère, c’est lui mettre le canon d’une arme sur la tempe : « Si je mets au monde cet enfant, je lui inflige une vie de souffrance, j’inflige une charge à ma famille, à la société ».

Pour qu’aucune mère ne se retrouve plus confrontée au « choix » de faire démembrer son enfant, pour que plus aucun enfant ne finisse en morceaux dans un sac jaune de déchets biologiques, mettons fin au carnage, abolissons l’avortement.

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