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Ciel ! Mon ado est gaucho…

Par

Gabriel Robin

Publié le

19 mai 2019

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Le journal Le Monde a publié un article à visée humoristique dans lequel Michel Dalloni narre avec effroi les expériences de parents de gauche ayant un fils de droite. Nous nous sommes aussi prêtés à l’exercice, à grands renforts de raccourcis et de caricatures.

 

Tout a commencé au moment d’un brunch dominical. Mon épouse avait décidé de faire plaisir à notre ado Thomas en préparant un petit déjeuner anglais, bacon et œufs compris. Quelle ne fut pas notre surprise quand le grand a refusé de manger ce qui lui était proposé. « Désolé mais j’ai arrêté tous les produits carnés issus de l’exploitation animale. Vous me dégoûtez avec vos animaux morts ! », a-t-il hurlé avant de quitter la table le visage écarlate. Issus d’une famille paysanne liée à la terre, où le cochon a toujours occupé une place centrale dans notre alimentation, ce moment fut extrêmement difficile à vivre. Mais l’un dans l’autre, ce n’était pas grand chose pour l’intendance. Nous avons donc entrepris de préparer un plat de substitution à tous les repas, achetant graines et laits végétaux au supermarché écoresponsable de notre quartier.

 

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon

 

Malheureusement, cette conversion au véganisme n’était qu’une étape dans la transformation générale de Thomas. Très vite, il nous a demandé de ne plus l’appeler par son prénom de baptême, souhaitant que son identité civile soit conforme à son identité de genre véritable, neutre et asexuelle. À l’âge des premiers amours et de la drague dans les fêtes, Tomate (c’est ainsi qu’il faut s’adresser à lui) virait ascèse. Abstinent ? Non, asexuel asperger à haut potentiel selon sa psychanalyste argentine, Luisa Rodriguez de la Pampa, spécialiste de la transition de genre, d’ethnie et d’espèce. Cette nouvelle apparence n’était pas sans poser des problèmes auprès de notre voisinage. Les cheveux violets, les piercings, les sticks « antifas » posés sur les devantures des magasins chics de notre rue et la fréquentation d’une troupe d’amis tous plus excentriques les uns que les autres rompant avec notre discrétion bourgeoise habituelle.

Un soir, alors que nous regardions tous ensemble « On n’est pas couché » comme à notre habitude, Tomate a pleuré après qu’Eric Zemmour se soit montré agressif à l’encontre de Christine Angot : « Ce mec est un monstre ! Il pratique ouvertement le manterrupting le plus méprisant ! Vous n’allez quand même pas le soutenir bande d’ordures ? Je ne suis plus votre enfant ! » Même quand nous cherchions à lui faire plaisir, cela n’était pas suffisant. Pour son dix-septième anniversaire, nous lui avons offert Crépuscule de Juan Branco car nous avions vu sur internet qu’il était l’une des voix de la gauche radicale chez les jeunes. Erreur. Pour Tomate, Juan Branco n’était qu’un crypto-fasciste homophobe auteur d’un outing des plus sordides. Las, nous sommes allés échanger l’ouvrage contre l’intégrale de Geoffroy de Lagasnerie, plus au goût de Tomate.

 

© L’Incorrect

 

Nous sommes désespérés mais nous gardons espoir. Les progrès de la science et la nouvelle législation nous rendront peut-être grands-parents, Tomate souhaitant se marier à sa copine Pomme de Terre, une jeune fille qui ne s’apparente pas à son sexe et qui aime les jeunes-femmes de sexe masculin. Ils sont néanmoins toujours asexuels en dissonance cognitive neuroatypique de stade 2, un peu comme Greta Thunberg cette jeune scandinave qui s’est mise en grève d’école pour sauver le climat. Dans le droit fil de ces évolutions, nos conditions de vie sont devenues plus perturbantes.

Après avoir coupé le chauffage pour ne plus subir les remontrances de Tomate, supprimé finalement toute la viande de notre frigo, adopté un culte religieux mixte empruntant aux traditions indiennes et islamiques, puis accueilli un clandestin soudanais refugié sexuel, nous ne nous sommes pas soumis à la dernière injonction voulant que nous donnions l’intégralité de notre patrimoine financier à une association défendant les LGBT des tribus amazoniennes. Nos efforts ont été vains, semblant hypocrites aux yeux de notre fils et de son ami(e).

 

Lire aussi : Pour une Europe qui protège notre économie

 

Nous sommes désormais des parents rejetés et meurtris, Tomate ayant trouvé un nouveau foyer dans un squat destiné aux jeunes fuyant les parents violents, y compris psychologiquement. Nous demandons donc à Anne Hidalgo de transmettre notre lettre à Tomate prouvant notre bonne foi. Woke up please !

 

Gabriel Robin

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