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Commerçants : Les sacrifiés

Par

Gabriel Robin

Publié le

15 décembre 2020

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commerces

« On ne va plus tenir ! Je suis au bord du gouffre financier. C’est très difficile et je ressens de l’injustice de ne pas pouvoir ouvrir. J’avais tout mis en place pour que les conditions sanitaires soient respectées », confie Laura, coiffeuse indépendante d’une petite quarantaine, installée en centre-ville de Toulouse. Qu’est-ce qu’une activité essentielle ? Se faire coiffer serait-il moins « essentiel » que se rendre dans une administration ? Cette difficulté à discriminer est au cœur du sentiment d’injustice éprouvé par de nombreux indépendants, commerçants et artisans.

Une grande cruauté qui fait des principaux animateurs de la vie de nos villes et villages des sous-citoyens, des professionnels de seconde zone dont il serait finalement facile de se passer à l’heure des Amazon, Uber et Zalasta. Pourquoi se rendre dans une boutique de vêtements quand on peut commander en ligne ? Peut-être parce que l’homme est un animal social.

N’oublions pas non plus les artistes, les professionnels du spectacle et le monde de la nuit, totalement oubliés et non pas simplement menacés par la ruine, puisque cette année blanche plantera le dernier clou dans le cercueil des boîtes de nuit, déjà menacées avant crise par les nouvelles manières de faire la fête – bar à tapas et salles de concert. Portier de profession, Anthony s’est fait une raison : « Les boîtes, c’est mort. Il faudra trouver autre chose. Je suis en phase de reconversion, c’est dommage car la porte en discothèque rapporte plus que les horaires classiques de vigile » [...]

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