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Éditorial d’Arthur de Watrigant : L’extrême droite n’est pas morte, vive l’extrême droite

Par

Arthur de Watrigant

Publié le

7 juin 2023

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La bête immonde est de retour. Pas le cornu, lui n’a jamais quitté la Terre et semble plus actif que jamais. Faut dire que le marché est florissant. À Marseille, un certain Matteo impliqué dans une demi-douzaine d’assassinats proposait ses services sur le réseau Snapchat. Même la profession de tueur à gages s’est ubérisée. Mais, Darmanin s’en tamponne. Non, la bête immonde, c’est l’extrême droite. Elle est de retour. C’est le Don Quichotte de Beauvau qui le dit. Ainsi que Marine Tondelier, la nouvelle patronne d’Europe Écologie Les Verts qui rendrait presque sympathique Sandrine Rousseau, qu’Éric Naulleau sulfate quelques pages plus loin. La Tondelier, qui expliquait « en 2015, au moment de Fukushima, je me suis dit on a gagné » – 20000 morts ça fait chéros la victoire quand même – plus en forme que jamais, nous a offert un combo pas piqué des hannetons : « Sinews » et les autres, comme elle dit, c’est « extrême droite », « fasciste » et « néonazi ». C’est ti pas beau.

Se voir attribuer un tel palmarès exige des remerciements. Bon « extrême droite », on connait la chanson, c’est le mot fourre-tout. Mais prenons la définition de son pote sociologue Erwan Lecœur : « C’est ceux qui, lors de la Révolution française, siégeaient à l’extrême droite de l’hémicycle de l’Assemblée nationale. » Voter contre la mort du roi, contre l’assassinat de Marie-Antoinette, premier féminicide républicain d’État et refuser de laisser crever en taule un innocent d’à peine dix ans, mériterait non seulement qu’on nous réserve tout le Panthéon à notre mort, mais que notre dame des surmulots sorte le chéquier pour nos funérailles avec carrosses drapés de noir, allées de lauriers, mariachis et décret de jour férié.

En revanche, se faire taxer de néonazis, là ce n’est pas fair-play. Marcher droit en rang d’oignons en falzard slim, on laisse ça aux antifas

Concernant l’accusation de fascisme, ça se négocie. Déjà, c’est baroque et fatigant, comme l’écrivait Nimier et puis la chemise noire, seul Romaric Sangars sait la porter, et encore pas tous les jours. Mais faut reconnaître que côté architecture et cinoche, les copains de Benito ont laissé un bel héritage. En revanche, se faire taxer de néonazis, là ce n’est pas fair-play. Marcher droit en rang d’oignons en falzard slim, on laisse ça aux antifas. Quant au socialisme, rien que le mot nous révèle de l’urticaire.

Comme si on ne l’avait pas assez compris, la gauche a sorti l’artillerie lourde avec la finesse de l’hippopotame. Le député NUPES Aurélien Taché s’est même fendu d’une tribune dans Libé pour expliquer que « l’extrême droite était plus dangereuse que l’extrême gauche qui d’ailleurs était introuvable ». C’est le problème du lever de coude, l’activité favorite du député, dans quelques rares cas l’ivresse fait dire n’importe quoi. Monsieur le député vous ne méritez pas de boire et encore moins pendant les manifs contre les retraites, le travail, la sécu, les mégabassines ou le 1er mai. Bon, soyons honnêtes, il se peut que quelques débiles s’abandonnent une fois l’an à une nostalgie douteuse mais disons qu’ils sont aussi nombreux que des journalistes de droite à France Inter ou France TV. Cette dernière s’est offert le luxe de revenir sur l’affaire Lola, cette pauvre enfant sauvagement assassinée par une Algérienne sous OQTF, pour dénoncer… l’extrême droite.

Lire aussi : Éditorial d’Arthur de Watrigant : Dix ans plus tôt

La menace est prise au sérieux et le théâtre anti- fasciste reprend des couleurs. Nos amis de Causeur, qu’on aurait du mal, même avec toute la mauvaise foi de la gauche, à classer dans la catégorie néonazie ou royco, ont vu tous leurs annonceurs détaler comme des Anglais à Castillon au premier coup sifflet des collectifs délateurs. On a même vu l’Assemblée nationale abriter un débat sur « la lutte contre le terrorisme d’extrême droite » organisé par les groupies de Marat et Robespierre avec comme invité d’honneur le brillant leader antifa Raphaël Arnaud, dont nous vous offrons la tête à la fin de ce numéro. L’animal possède un tel pédigrée qu’il eut été dommage de ne pas en parler. À quand Alain Badiou comme invité d’honneur au mémorial des génocidés de Mao ou Cohn Bendit convié à un débat sur la lutte contre le tripotage de gosses ?

Darmanin n’était pas là, au grand dam des gauchistes. Courageux, notre ministre était sur le front, offrant son torse à la bête immonde comme rempart à la démocratie. Il demanda l’interdiction du colloque de ses anciens compagnons de route de l’Action française, anticipant de potentiels « risques de générer des propos de nature à mettre en cause les principes consacrés par la Déclaration des droits de l’homme ». Heureusement un juge eut la bonne idée d’annuler cette décision, condamnant cocassement la République à payer une amende aux royalistes, mais le sous-Sarko se rattrapa avec une autre réunion, celle de l’Institut Iliade et eut cette fois-ci gain de cause. La justice prédictive, c’est beau comme la démocratie. En attendant ceux qui nous menacent réellement, les islamistes comme l’extrême gauche, peuvent dormir sur leurs deux oreilles.


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