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Éditorial d’Arthur de Watrigant : Une année virile

Par

Arthur de Watrigant

Publié le

3 janvier 2023

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Charette 2

Chers lecteurs, chers amis, une nouvelle année débute. Les vœux sont nombreux tant 2022 fut triste et morose mais pour 2023, je ne vous en souhaite qu’un : plus de Belmondo et moins de Sandrine Rousseau. Cette année sera celle de l’homme, un vrai, et pas que pour emmerder ces néoféministes constipées. L’hiver vient, il s’annonce brutal alors il nous faut rêver. Le 7e art se révèle être une machine merveilleuse pour s’évader, s’élever et notre Histoire comme notre littérature un réservoir sans fin pour y puiser une promesse d’éternité. Seul problème, comme des sales gosses mal élevés, nous l’avons oublié, préférant baver sur ce qu’on n’a pas encore ou pire encore canceller comme des nains prétentieux. Alors le cinéma français titre la tronche, pas un film dans le top dix de l’année passée, et chouine comme une ado plaquée par texto. Mais tu nous emmerdes. Non seulement non devrions subventionner tes fantasmes de rebelle de salon détox mais en sus, payer, très cher, un ticket d’entrée pour assister à tes prêches. Et le rêve bordel ? Et l’émerveillement ? Crois-tu que voir Marina Foïs faire des papouilles en pachtoune dans la jungle de Calais, sans maquillage et jupe ras la salle des fêtes nous humidifie la rétine ?

Nous ne voulons plus du cinéma comme reflet de notre existence, mais comme odyssée à venir. On veut des Charette et des d’Artagnan, des Cyrano et des Du Guesclin

Avant, l’héroïsme c’était mourir comme Roland sonnant du cor à Roncevaux, aujourd’hui on célèbre Cédric Herrou ouvrant les portes de la vallée de la Roya adoubé par le conseil constitutionnel. L’époque n’est plus aux chansons mais à l’épique mesquin et l’épopée misérable, et on s’étonne encore que Mahomet et ses chameaux fascinent plus une jeunesse perfusée d’inclusion. C’est d’une vraie reconquête dont le pays a besoin. Ni médiocre, ni étriquée mais sublime de démesure et d’idéal comme seul la France peut offrir. Il faut en finir avec l’homme déconstruit, humilié et accusé. Célébrons l’homme de l’Occident, sa finesse dans la lourdeur, sa virilité et sa vulnérabilité.

Ce « charisme sexuel requis » comme le confiait Madame Flemming à son mari pour le persuader d’engager Sean Connery dans James Bond, ce petit quelque chose qu’Alice Coffin & Cie ne saisiront jamais. Nous ne voulons plus du cinéma comme reflet de notre existence, mais comme odyssée à venir. On veut des Charette et des d’Artagnan, des Cyrano et des Du Guesclin. Offrons-nous la reconquête du masculin, de son élégance morale et vestimentaire. Une masculinité solitaire et tragique, gouailleuse et bravache, galante et insolente. On manque de panache alors que notre histoire en regorge. Encore faut-il l’assumer. Les Ricains nous inondent de leur bravoure et de leur fierté, et nous en manquons tellement que nous courons les voir sur grand écran. De quoi avons-nous honte ? Comme le rappelle l’excellent Olivier Maillart, s’il y a bien une chose que seul un Français sait faire au cinéma c’est bien mourir. Or comme nous l’écrit le philosophe personnaliste Paul- Louis Landsberg dans Essai sur l’expérience de la mort. « Chaque lutte contre la mort est perdue d’avance. La splendeur de cette lutte ne peut se considérer dans son issue, mais seule- ment dans la dignité même de l’acte ».

Lire aussi : Éditorial d’Arthur de Watrigant : Labourer dans les ténèbres

C’est la mort de Pierre Fresnay dans La Grande Illusion, le sacrifice de Jean-Pierre Cassel dans L’Armée des Ombres ou l’honneur des parachutistes qui marchent vers le camp 113 dans Dien Bien Phu. Notre cinéma a perdu cette capacité d’émerveillement, cette légèreté presqu’enfantine et cette fierté. Sans grands rôles, les icônes disparaissent, sans icônes les légendes n’ont plus de visages et nos rêves s’évanouissent. Alors, chers lecteurs, pour 2023, je vous souhaite une grande année virile, héroïque et épique.


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