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France : une révolte latine qui s’appelle Corse !

Par

Yannick Campo

Publié le

22 mars 2022

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colonna

Petite île bercée par les flots de la Méditerranée, la Corse a rappelé à la France qu’elle n’était pas simplement une carte postale ou un lieu de villégiature pour le touriste sandales chaussettes. L’agression commise par un djihadiste envers Yvan Colonna a eu pour effet de réveiller une partie de la jeunesse insulaire, partie dont les jacobins parisiens diront qu’elle est minoritaire en Corse. Minoritaire certes mais c’est la partie la plus politisée, la plus rebelle, la plus romantique d’une certaine manière car il y a toujours de l’esthétisme dans la violence même si elle demeure résolument condamnable. Alors, Emmanuel Macron a-t-il lâché trop rapidement l’autonomie à la Corse ? Que personne ne s’y trompe, on ne peut demander à l’État quelque chose qu’il n’est plus capable de faire.

Il faut toujours prendre le temps de la réflexion, et ne jamais réagir sur le coup de l’émotion, ce qui éviterait aux représentants politiques parisiens, aux mêmes experts du covid et de la guerre en Ukraine, de s’exprimer sur les chaînes infos à propos d’un sujet qu’ils n’appréhenderont jamais : la Corse !

Des relations complexes avec le continent

Dans son dernier ouvrage La Corse et le problème français, Charles-Henri Filippi résume bel et bien la profonde dégradation des relations entre la Corse et le continent, entre l’île et l’État. Il y a tout d’abord l’histoire, celle d’une île de la Méditerranée dominée pendant plusieurs siècles par la Sérénissime République de Gênes, son acquisition par la France, achevée par la bataille de Ponte Novo en 1769 et la défaite de Pasquale Paoli contre les troupes de Louis XV. Il y a ensuite ce 30 novembre 1789 qui fixe le décret de réunion de la Corse à la France après la lecture des lettres de la commune de Bastia et d'habitants d'Ajaccio. Selon les historiens, cette adhésion d’un peuple libre pourrait avoir inspiré Ernest Renan dans sa théorie de la nation. Dès l’annonce du décret, Pasquale Paoli indiqua auprès d’Antone Gentili : « En admettant la Corse parmi les provinces de la France, elle a trouvé le moyen le plus infaillible d'attacher les habitants de cette île au gouvernement français... » ou encore auprès de son ami Nobili-Savelli : « L'union libre à la nation française n'est pas la servitude, mais la participation de droit ».

Lire aussi : Émeutes en Corse : « C’est maintenant au tour de l’État de faire un geste »

 L’exécution de Louis XVI et la Terreur seront des épisodes déterminants dans l’idée de rupture de Paoli avec la nation française. Quelques décennies plus tard, il y a toute la grande période qui s’étend du Second Empire à la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle les Corses ont été choyées. « Cet esprit se brise pour deux raisons essentielles. En premier lieu, la décolonisation qui coûte doublement cher aux Corses : elle leur fait perdre des emplois et provoque l’arrivée des pieds noirs, ce qui fait prendre conscience aux Corses que le développement de l’île est pris en charge par d’autres. Le second aspect est la fin des Trente Glorieuses. Les Corses occupaient de nombreux emplois en particulier dans la fonction publique, ce qui prend fin au début des années 70 avec le choc pétrolier. La France se retrouve alors avec des contraintes budgétaires extrêmement élevées qui affecteront beaucoup les Corses. » [...]

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