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Laurence Trochu : « Hors Reconquête et ses alliés, personne ne fait entendre la voix de la droite civilisationnelle »

Par

Aymeric Preault

Publié le

29 septembre 2022

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Trochu

Pour commencer, pourquoi des législatives partielles sont-elles organisées maintenant dans votre circonscription, quelques mois seulement après l’élection ?

En juin dernier, Jean-Noël Barrot, représentant de la majorité présidentielle, a été élu député mais il a été nommé ensuite ministre de la Transition numérique. Sa remplaçante n’a pas pu le remplacer car elle était déjà remplaçante du sénateur Martin Lévrier. Visiblement, ils ne se sont pas rendu compte de l’incompatibilité. Un recours a donc été déposé devant le Conseil d’État qui a empêché cette dame de remplacer le ministre et de ce fait, une élection partielle est organisée le 2 octobre. Le ministre se représente malgré tout en ayant indiqué que cela serait pour démissionner et laisser la place à une autre remplaçante. Cela fait un peu candidat-fantôme qui se moque des électeurs car il se présente pour démissionner s’il gagne. Voilà de quoi écœurer encore plus les Français.

Lire aussi : La rentrée réussie des députés RN

Comment se profile votre campagne ? Sur quels thèmes avez-vous insisté ?

Cette campagne se déroule dans un contexte particulier qui donne raison à Éric Zemmour, aussi bien sur le diagnostic que sur les solutions qu’il a proposées et auxquelles je me suis associée en tant que présidente du Mouvement conservateur. Ce que nous voyons en cette rentrée, c’est que les questions de sécurité et d’identité sont malheureusement d’actualité puisque nous avons un viol pratiquement toutes les 15 secondes, un ensauvagement des villes autrefois plutôt tranquilles, Nantes en étant une figure emblématique. Notre circonscription n’est pas épargnée : il y a eu une attaque au couteau à Vélizy, des boulangeries cambriolées par des mineurs non accompagnés. Le lien entre l’insécurité et l’immigration qui dérangeait il y a quelques mois est maintenant sous nos yeux et les Français se réveillent. Je suis frappée par cette campagne car la parole se libère et les gens que je rencontre me disent qu’il y a bel est bien un principe de réalité que nous ne pouvons plus éviter.

Nous avons des solutions, surtout pour la justice sur laquelle j’insiste beaucoup. Cette situation critique vient d’une forme de laxisme judiciaire et d’impunité qui fait que les policiers et les gendarmes effectuent leur travail mais que derrière ils retrouvent dans la rue ceux qui ont commis des actes malfaisants.

Le deuxième point est celui de l’éducation. En juin, l’académie de Versailles a lancé un job dating pour recruter des enseignants à bac +3 en une demi-heure d’entretien. C’est surréaliste ! La déconstruction de l’école se fait de différentes manières. D’abord par les professeurs, qui ne sont pas reconnus à leur juste niveau. Ensuite par l’idéologie : quand nous avons un Pap Ndiaye au gouvernement dont la préoccupation est que les petits garçons jouent à la marelle plutôt qu’au foot, il n’est pas étonnant que les petits Français soient de plus en plus à la traîne, notamment en maths et en français, dans les classements internationaux.

« Ils nous ont vendu le progrès, ils nous condamnent à éteindre le chauffage »


Laurence Trochu

Dernier sujet important : l’indépendance énergétique et alimentaire. Les gens vivent des difficultés pour se chauffer et se nourrir correctement. Ma démarche est de remonter la chaîne des causes pour comprendre notre insuffisance de production en ce qui concerne l’électricité et l’alimentation. Ce sont les gouvernements depuis François Hollande qui ont détruit notre énergie nucléaire, tout cela pour des accords électoraux, avec la fermeture de Fessenheim et du programme Astride, de tout ce qui faisait la fierté de la France et qui garantissait son indépendance. Bruno Le Maire demande maintenant aux Français de mettre des cols roulés. Ils nous ont vendu le progrès, ils nous condamnent à éteindre le chauffage. Cette élection est le moyen de dire stop. 

Reconquête prône l’union des droites. Au niveau local de la circonscription, des discussions ont-elles été entreprises avec les candidats RN et LR, et ce d’autant qu’en juin dernier la droite n’était pas au second tour ?

Bien sûr ! Dès que j’ai su que l’on me confiait cette circonscription, j’ai posé la question à la candidate RN ainsi qu’à celui du centre afin de savoir si nous pouvions travailler ensemble sur une base commune qui aurait permis de définir des priorités. Malheureusement, aucun des deux n’a voulu de cette discussion autrement que pour dire que Reconquête devait s’effacer. C’est toujours « union des droites derrière moi, à mes conditions », ce qui devrait se traduire par un retrait pur et simple d’une candidature soutenue par Reconquête. Il n’y a pas moyen d’envisager quoi que ce soit avec eux.

Lire aussi : Ludovine de La Rochère : « Ils veulent imposer la GPA pas à pas, en passant sous les radars »

Il y a quelques mois, vous aviez obtenu près de 12,5%. Espérez-vous faire mieux cette fois ? En sachant que les législatives sont déjà finies dans tous les autres circonscriptions, avez-vous toujours un espoir d’être élue ?

Ce n’est plus du tout la même dynamique. C’est la seule élection de la saison, il y a donc peu de mobilisation. La participation est très faible, entre 15 et 20 %. Aucun de nous n’est capable de dire qui a des chances de l’emporter. En termes de dynamique de campagne, le duel est entre le ministre et moi-même, car ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Si vous n’êtes pas élue, Reconquête n’aura pas de représentant à l’Assemblée nationale. Le parti peut-il survivre sans élus nationaux ?

Le meilleur exemple est celui du RN qui pendant longtemps n’a pas eu de députés, puis en a eu deux qui en l’occurrence sont maintenant chez Reconquête, à savoir Marion Maréchal et Gilbert Collard. Ceci n’a pas empêché le parti de percer aujourd’hui. Regardons Giorgia Meloni : il y a cinq ans, elle ne faisait que 4% et maintenant elle va devenir présidente du Conseil. Le parlementarisme français a repris des couleurs depuis l’élection de cette assemblée, mais aujourd’hui hors Reconquête et ses partis alliés, personne ne fait entendre la voix de la droite civilisationnelle. Cette ligne politique a besoin d’avoir ses représentants et qui d’autres que nous pour jouer ce rôle ?  

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