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Lettre d’un adhérent aux Républicains : du devoir d’être conservateur

Par

Antoine Courivaud

Publié le

6 mai 2021

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LR

À un an de l’élection présidentielle, la bataille des transactions politiques et des alliances d’appareils fait rage pour remporter les sièges convoités de conseillers départementaux et régionaux. Cela pourrait sembler ridicule si les conséquences n’étaient désastreuses pour la présidence.

La France a un besoin viscéral de retrouver une droite de gouvernement. Non pas une droite populiste ou une droite de cabinet, mais une droite d’honneur, de conviction et de valeurs. Ces valeurs, trop longtemps phagocytées par l’intelligentsia socialiste, sont ramenées à des positions réactionnaires, d’extrême-droite voire, puisque le mot est dans toutes les bouches, fascistes. Il n’en est évidemment rien. On assiste, et c’est heureux, à une prise de conscience récente par le peuple du blocus des opinions orchestré par une gauche malhonnête, du carcan politique et philosophique qui confine la France depuis 70 ans. Les intellectuels de droite sont dorénavant entendus et reçus par les médias, bien que les dents longues des ronds-de-cuir bien-pensants grincent sur le parquet des salles de rédaction ou du Palais Bourbon.

Les tentatives de défense des mouvements progressistes sont de plus en plus violentes : face à un idéal politique qu’ils croyaient disparu, ils ont sorti de nouvelles armes. La « cancel culture », le wokisme (deux termes d’autant plus ridicules qu’ils viennent des États-Unis, pays que les progressistes abhorrent avec hargne mais utilisent à tout va), l’indigénisme, la « défense des minorités ». Il suffira de faire preuve d’esprit critique pour se rendre compte de l’absurdité totale de leur idéologie patchwork qui défend sans défendre, condamne les uns mais pas les autres, renvoie certains à leur statut de victime tout en refusant d’en reconnaître d’autres. Malheureusement, ces incohérences et ces anomalies philosophiques ont introduit une véritable dissonance cognitive dans le débat politique actuel, et il est particulièrement difficile de s’en extraire. Jusque dans les cercles supérieurs.

Lire aussi : Thierry Mariani : « La direction des Républicains joue un double-jeu flagrant »

On l’a vu ces derniers jours avec la situation de Renaud Muselier et la tempête que son annonce d’alliance avec LREM a provoqué dans les rangs des Républicains. Si d’abord Christian Jacob s’était fendu d’un communiqué sans ambiguïté condamnant ces tractations électoralistes, il n’aura pas fallu longtemps pour que le Conseil national d’Investiture – malgré les positions dignes de madame Trochu et de messieurs Bellamy, Ciotti ou Retailleau – accorde le soutien du parti à la liste de monsieur Muselier. Incohérence, encore. Incohérence, toujours.

Il est intéressant de voir combien cette décision est condamnée tant par certains cadres de LR que par la base du parti qui n’en peut plus de ces tournoiements de girouette. S’il est trop tôt pour parler d’une explosion du parti Les Républicains, il y a bien une implosion qui gronde. De plus en plus de micro-partis se créent pour défendre les positions conservatrices. On en notera quelques-uns : le Mouvement Conservateur, Oser la France ou Force Républicaine. L’élection de M. Carayon à la tête des JR ou les mouvements de soutien à monsieur Bellamy sont autant de signaux qui démontrent que les électeurs des Républicains souhaitent un parti assumant une position conservatrice forte, entre le libéralisme éhonté de LREM et le populisme atavique de RN. À un an de la présidentielle, si la droite souhaite l’emporter, ce n’est certainement pas en concédant des alliances ou en multipliant les dérobades pour essayer de tirer à gauche comme à droite, sans scrupule ni vergogne et par esprit de manœuvre. Il lui faut s’inscrire dans un retour clair au conservatisme politique, dont l’incroyable sort est d’être majoritaire au sein de la population sans avoir de véritable représentant. Les Républicains pourraient bénéficier de leur statut et assise de parti politique reconnu afin d’opérer ce virage (parlons plutôt de redressement), faute de quoi, il faudra nécessairement que cet élan conservateur devienne une force à part entière afin de se faire entendre et de représenter les Français.

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