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Non à leur avenir sans culot et de travers !

Par

Fleur Delourme

Publié le

19 janvier 2018

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herbicide

Les écologues en chambre ne nous intéressent pas. Nous leur préférons les vrais travailleurs, ceux qui y étant nés, ou bien s’y étant installés, savent au moins une chose : qu’à la terre on ne ment pas.

 

Que penser du traitement médiatique et politique de la grave crise écologique que nous traversons ? Les cris d’alarme réguliers de scientifiques n’y ont rien fait : nous n’arrivons pas à enrayer la course folle qui mène la planète à sa perte. Et ce n’est pas Macron et son « One Planet summit », sa dernière action de « com qui nous sauveront, ni aucune COP. Le « climat » (comprenez « réchauffement climatique »), le dada des dirigeants politiques et des « people » du monde entier, la tarte à la crème médiatique qui cache la complexité multifactorielle des conséquences de la prédation humaine sur les ressources terrestres : la pollution et la disparition des eaux potables, l’épuisement des sols, l’effondrement de la biodiversité.

Contrairement à cette dernière qui nécessiterait que l’on arrête l’exploitation des lieux (encore un peu) sauvages, le réchauffement climatique porte en lui le potentiel de développement technologique et de croissance qui fait courir les hommes de pouvoir : éolien off-shore, fermes photovoltaïques. Des projets colossaux qui visent la diminution de l’émission de CO2 sans prendre les autres facteurs en considération, et qui entraîneront de nouveaux déséquilibres légués aux générations suivantes.

Prendre la question de l’avenir de l’humanité par la seule entrée du climat permet de dire des énormités – « le nucléaire est une énergie d’avenir bas carbone », « la voiture électrique est la solution de demain » – sans se soucier des ressources nécessaires à la fabrication des batteries ou de la demande galopante en électricité nucléaire que cela induit. Surtout, ne pas envisager de revoir notre consommation à la baisse, surtout ne pas prononcer ce mot mortifère de « décroissance ». Ce serait comme dire « lapin » sur un navire, nous porter la poisse et nous détourner du but ultime de ce cirque du « progrès » : l’argent.

La réalité est souvent plus complexe que voudraient nous faire penser ces polémiques, pétitions, tweets qui simplifient la pensée à outrance et empêchent le débat.

Voyez, pour le glyphosate, nos politiciens monter au créneau l’air décidé : on ne pourra pas dire qu’ils ne prenaient pas notre avenir au sérieux en interdisant ce vilain produit fabriqué par une méchante entreprise. Et que faisons-nous de tous les biocides, ces produits qui attaquent le système nerveux des insectes indésirables… et donc de tous les êtres vivants, humains compris ? Ou encore le « sulfoxaflor », avec son nom de dentifrice qui rend les dents plus blanches que blanches mais qui est en réalité un nouvel insecticide « tueur d’abeilles » : il a été autorisé en octobre par les mêmes qui jouent en ce moment aux sauveurs de la planète.

Et que faire si ce même glyphosate permet à de plus en plus d’agriculteurs de cesser le labour profond au profit de techniques culturales simplifiées, avec mise en place d’engrais verts, semis sous couverts ? Si cela devait leur permettre, pendant une phase de transition, de remettre de la vie dans leurs champs, leur garantir une fertilité naturelle et endiguer l’épuisement et le lessivage des sols ? La réalité est souvent plus complexe que voudraient nous faire penser ces polémiques, pétitions, tweets qui simplifient la pensée à outrance et empêchent le débat.

 

Lire aussi : Un monde H.S

 

Interdire le glyphosate sans autre mesure serait donc soit de la bêtise soit de l’hypocrisie : le désherbant est un maillon d’un système global qui est à revoir intégralement – celui d’une agriculture industrielle hors-sol assujettie à la grande distribution et aux marques mondiales agroalimentaires et phytosanitaires. Ce n’est pas notre ministre sans culot qui va pouvoir y changer quelque chose, surtout avec comme collègue de travail le ministre de travers qui veut supprimer toutes les aides à l’agriculture bio, tout en annonçant 50 % de bio dans les cantines pour bientôt. Les décisions seront prises en dépit du bon sens, on laissera les agriculteurs se débrouiller en les accusant de la rage : cornaqués par les commerciaux de l’industrie phytosanitaire et pris dans le rouage du productivisme, ils chercheront un autre désherbant plutôt que de changer leurs pratiques. Ou ils se pendront (comme un agriculteur tous les deux jours en France). Est-ce vraiment cela que nous voulons ?

 

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