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Pierre de Lauzun : « Une fois la crise passée, il sera urgent de revenir à un excédent »

Par

Benoît Dumoulin

Publié le

12 mai 2020

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Il est normal que l’État intervienne durant cette crise exceptionnelle et qu’on ait recourt à l’emprunt pour financer les déficits. Mais sur le long terme, il faudra mettre en œuvre une politique de rigueur, soutient Pierre de Lauzun. Les mesures actuellement prises par le gouvernement vont creuser le défcit et donc la dette qui était déjà abyssale avant le confinement. Comment s’en sortir pour financer les dépenses qui vont être colossales ? Faut-il privilégier l’impôt, la dette ou l’emprunt ? Rappelons d’abord que s’il y a défcit, c’est parce qu’on a fait certains choix. En l’espèce on n’a pas pu ou pas voulu adopter la stratégie des pays d’Asie orientale libres, à savoir la détection généralisée par tests, le port précoce du masque, et le pistage systématique des contaminés. Ni investi auparavant en ce sens. Cela dit, à partir du moment où on est acculé au confnement, il est inévitable que l’État intervienne massivement car l’efet économique est désastreux. Et à court terme, comme l’impôt aurait assommé le malade, la seule voie pour fnancer cela est l’emprunt, donc la dete. Reste que ce faisant on va accroître massivement une dete déjà colossale. Or la cause de l’endetement, c’est le défcit, et il est permanent depuis 45 ans. Et hors crise ces défcits sont injustifés, car ils fnancent des dépenses courantes, reportées sur les générations futures. Les dépenses courantes doivent être fnancées par des revenus courants, donc des impôts; sinon on les réduit. On a donc des défcits parce qu’on ne sait pas choisir: soit dépenser moins, soit augmenter les impôts. C’est facilité, il est vrai, par le marché, qui met à la disposition des dépensiers des sommes considérables, avec très peu de conditions – jusqu’à ce que le défaut arrive. Une fois la crise passée, il sera donc urgent de revenir à un excédent. Et dans un pays qui a le record de pression fscale du monde développé, ce ne peut être que par la réorientation des dépenses. Le secteur public français dépense mal, la crise l’a confrmé : nos dépenses de santé sur PNB sont presque le double de celles de la Corée, qui a bien mieux protégé ses citoyens. L’Allemagne dépense autant que nous, mais son bilan est lui aussi bien meilleur. Avec un système bien moins étatisé dans les deux cas. [...] Suite à lire dans le dernier L'Incorrect (n°31) et en ligne pour les abonnés.
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