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Pierre Guerci : Métaphysique de la merde

Par

Matthieu Falcone

Publié le

10 février 2021

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Guerci

Pour résumer Ici-bas en quelques mots, je dirais que c’est un admirable traité métaphysique de la merde. Qu’en pensez-vous ?

Oh là, c’est faire beaucoup d’honneur aux méditations désespérées du narrateur, lequel accomplit seulement, en tentant d’élever la défécation paternelle à la dignité d’un problème métaphysique, la fonction primordiale de l’intellect humain : se raconter des histoires pour supporter la trivialité de l’existence. Sans grand succès d’ailleurs, car ce qui le sort de son marasme est moins de l’ordre du mythe que du miracle… Plus généralement, m’intéressait ce qui reste d’un homme quand il n’en reste rien, autrement dit quand il n’est plus qu’un de ces cas de conscience sur lequel la casuistique contemporaine se casse les dents faute de pouvoir dépasser l’antinomie entre, d’un côté, une compassion sans fond et sans repère, lieu moral de compétition immorale, et de l’autre les raisons froides du calcul utilitaire qui ne traite jamais que de « surplus social » et ignore toute espèce d’inquantifiable. Dans cette optique, je voulais montrer la décrépitude de nos vieux un peu à la manière de Tchékhov, au coin du feu, lentement mais sans s’arrêter, en baissant légèrement la voix – et avec cette idée centrale que le sublime et le terrestre, au fond, c’est tout un.

Vous abordez franchement la problématique excrémentielle et cette question : peut-on continuer d’aimer et respecter son père quand on le torche chaque jour ?

Notre nez est un juge implacable ; bête comme ses deux trous, mais implacable. Ce qu’il approuve nous envoûte, ce qu’il réprouve nous donne des envies de meurtre ; il se fiche de ce que professe notre conscience, la Justice, la Démocratie, l’Égalité – poil au nez. Tant que la misère continuera de sentir, nous continuerons à changer de wagon quand nous la croisons dans le métro, c’est ainsi… Soit dit en passant, cette suprématie morale du nez permettra peut-être un jour d’éviter qu’après la libération du téton, on en vienne à la libération du trou de balle… Bref, aimer est encore et toujours un combat, et d’abord un combat contre les caprices de nos sens émancipés. [...]

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