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Pourquoi Marine Le Pen ne « tendra pas la main » à Zemmour

Par

Thomas Noël

Publié le

14 avril 2022

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MLP

A quelques jours du second tour, il semble opportun de clarifier certains points idéologiques et stratégiques vis-à-vis de nos – proches – amis ayant accordé leur suffrage à Éric Zemmour au premier tour de l’élection présidentielle.

Sur le plan idéologique

Depuis des lustres, Marine Le Pen estime que le clivage ne se situe plus entre droite et gauche, mais entre mondialistes et nationalistes. Entre ceux qui croient encore en la nation et ceux qui misent sur un monde post-national, diluant la France dans un magma technocratique dirigé par les États-Unis via Bruxelles. Au passage : l’exact inverse du principe de subsidiarité enseigné par la Doctrine sociale de l’Église…

Lire aussi : Le Pen/Macron : le match retour

Zemmour a tenté l’union des droites. Le premier tour a prouvé que ce discours ne parle qu’à une minorité d’électeurs, séduits par une alliance entre la droite-libérale et les catho-identitaires. En ce qui concerne les thématiques « conservatrices », les valeurs essentielles, communes à de nombreux électeurs des deux écuries patriotes, il faut se rendre à l’évidence : la France est devenue un pays post-chrétien. Nous le déplorons comme vous, mais c’est ainsi. Pire : la bioéthique, les racines chrétiennes de la France, sa grandeur passée, non contents de ne plus faire recette dans l’opinion, sont devenus des marqueurs trop clivants pour une élection présidentielle. Zemmour l’avait compris, lui qui ne souhaitait pas non plus revenir sur le mariage pour tous ou l’avortement.

Brandir ces thèmes, c’est se limiter à une candidature de témoignage et se fermer les portes du pouvoir. Ne pas les brandir ne signifie pas les renier, mais faire preuve de réalisme. Les LR, en misant sur Bellamy pour ramasser la droite-catho aux européennes de 2019, ont récolté 8% des suffrages tandis que le RN finissait en tête à 23%. Malgré tout le respect que nous portons à l’engagement de nos amis de Reconquête, l’évidence saute aux yeux : en politique, le réalisme paie plus que l’idéalisme et le romantisme. Ne vous méprenez pas sur ce propos : il relève du constat amer et non d'un jugement péremptoire de votre action. [...]

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