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Produits français emblématiques : l’art de se suicider

Par

Mael Pellan

Publié le

20 mai 2022

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blé

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La France, sous l’effet conjugué du gauchiassisme sociétal et du libéralisme économique, a décidé de se suicider. Clair comme une cuvette de chiotte après une soirée de bouclage de L’Incorrect ! En ce moment par exemple, nous le peuple élu, c’est-à-dire les Bretons, subissons un inacceptable rationnement dû aux choix économiques de la France : le prix du blé noir est en flèche ! Résultat : nous ne pouvons même plus faire nos galettes du vendredi. Pourquoi ? Parce que le blé noir consommé en Bretagne est majoritairement importé de Russie, de Chine et d’Ukraine. Vous allez dans les champs bretons en ce moment, vous ne voyez que du colza. Des hectares de colza. Des océans de colza ! Qui consomme du colza en Bretagne ? Personne, à part pour le biocarburant et un peu l’alimentation humaine et animale (bovins essentiellement) pour faire des protéines.

Pourquoi ? Parce que le blé noir consommé en Bretagne est majoritairement importé de Russie, de Chine et d’Ukraine

La Bretagne produit donc du colza qu’elle exporte mais ne produit plus de blé noir qu’elle importe. Logique ! Aujourd’hui, la situation est telle avec la guerre en Ukraine, que l’association des producteurs bretons de blé noir demande en urgence à ceux qui ont trois arpents de terre de le planter en blé noir pour assurer l’approvisionnement de ces prochaines années. On en est effectivement arrivé là…

Et puis au fait, le bilan carbone pour faire venir le blé noir que Pellan consomme chaque vendredi de Chine alors même qu’il a un beau champ de colza devant chez lui, ça se passe comment ?

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Et le granit ? Moi qui ai dans ma famille des « picotous » (tailleurs de pierre), je suis attristé de voir que ce qui faisait la fierté de la Bretagne auparavant, c’est-à-dire ses carrières de granit, soit aujourd’hui anéanti par le granit chinois ou espagnol. Eh oui, toutes les bordures de trottoir en granit de Paris et d’ailleurs venaient autrefois de Bretagne, or aujourd’hui 75% des pierres d’aménagement de l’espace public sont importées de Chine, d’Espagne, de Slovénie ou du Portugal. Alors que nos producteurs locaux, regroupés au sein de l’association « Indication géographique granit de Bretagne », se battent pour regagner des parts de marché et faire vivre nos ouvriers granitiers. Mais la France libérale ne veut pas ou ne peut pas mettre de barrières douanières pour les produits emblématiques…

Mais il n’y a pas que la Bretagne dans la vie : les producteurs de lavande de Provence doivent eux-aussi se battre contre les importations du Maroc et de je ne sais où. Mesdames, quand vos produits de beauté contiennent de l’essence de lavande, il y a fort à parier que celle-ci ne vient pas de la Provence éternelle, mais d’un gourbi quelconque où des chèvres ont pissé dessus. Libéralisme et sans-frontiérisme obligent ! J’ai déjà fourni un thème de campagne aux Marion et Zemmour qui vont se présenter dans le coin. Ces messieurs-dames me doivent un restau !

Mesdames, quand vos produits de beauté contiennent de l’essence de lavande, il y a fort à parier que celle-ci ne vient pas de la Provence éternelle, mais d’un gourbi quelconque où des chèvres ont pissé dessus

Et que dire des faux couteaux Laguiole importés en toute légalité de Chine ou des États-Unis, du faux camembert russe (là aussi c’est légal d’importer du camembert de Vladivostok), des ardoises espagnoles (alors que l’Anjou en produit toujours), du miel d’Afrique ou des Pays de l’Est, etc… Même les cierges de nos églises viennent de Chine ou de Pologne et semblent polluer plus l’atmosphère que les cierges français. Et faut-il parler de l’emblématique cassoulet ? Le syndicat des producteurs de haricots de Castelnaudary a fini par obtenir en 2020 son IGP, ce qui n’empêche pas qu’une bonne partie des cassoulets que vous consommez sont fabriqués avec des haricots égyptiens ou argentins et du porc espagnol.

Quand la Grèce s’est cassé la gueule en 2012, la presse française a beaucoup glosé sur le fait que même sa feta venait du Danemark. Que les mêmes se méfient, la France n’est pas loin de vivre la même situation.

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