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Fête de la nation : le RN met le cap sur 2027

Par

Wandrille de Guerpel

Publié le

2 mai 2023

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RN

C’est sur les docks de la ville portuaire du Havre, où le poids et l’ennui courbent le dos de nombreuses générations d’ouvriers, que le Rassemblement national a décidé de fêter le 1er mai. En pleine crise sociale et sur une terre historiquement communiste, le parti à la flamme, mené par Marine Le Pen et Jordan Bardella, consacrait cette édition 2023 de la fête de la nation à « la paix sociale ». Une belle journée en perspective sous la grisaille normande.

Havre de guerre

L’idée vient de lui, le jeune surdoué de la politique : Jordan Bardella. Marine Le Pen s’en félicite et rit aux éclats quand elle avoue que c’est son poulain qui a proposé les docks de la porte océane pour ce rendez-vous annuel. La guerre a d’ailleurs été déclarée la veille dans la presse locale. Dans un entretien pour Paris-Normandie, le chef de file du Rassemblement national n’a pas maquillé ses ambitions : « Nous sommes au Havre chez nous […] Notre ambition est d’avoir un maire RN au Havre en 2026 ». Il en a fallu peu pour faire réagir l’ancien Premier ministre Édouard Philippe qui a fait de la métropole normande sa terre électorale. L’habitué des sports de combat a répondu d’un petit uppercut sur Twitter : « Mais bien sûr… »

Lire aussi : La rentrée réussie des députés RN

Un proche du lieutenant de Marine Le Pen nous confie : « La conquête de l’Ouest ne fait que commencer ! » Le Havre n’aura jamais aussi bien porté sa devise donnée par son fondateur François Ier : « nutrisco et extinguo » qui signifie nourrir le bon feu, éteindre le mauvais.

Un banquet gratiné

Au menu, terrine de canard au pommeau, suprême de poularde à la crème et gratin aux deux pommes à la crème d’Isigny et mousse de carottes. Et en dessert, Deauville aux pommes caramélisées et sa crème anglaise. Tout le gratin du parti cinquantenaire a fait le déplacement pour découvrir ces mets régionaux. On y croise notamment de nombreux députés venus faire le bilan de leur travail un an après leur entrée à l’Assemblée comme Laurent Jacobelli et Edwige Diaz – tous deux réquisitionnés pour jouer les chauffeurs de salle –, mais aussi Emmanuel Blairy, Pierre Meurin, Jean-Philippe Tanguy ou encore Alexandre Loubet, récemment nommé directeur de campagne pour les élections européennes. Une grosse délégation de députés européens a aussi fait le déplacement comme Philippe Olivier et Jean-Lin Lacapelle. L’ambiance est conviviale. Les plats font des va-et-vient avant de trouver leur place entre les musiques de Balavoine et les selfies des militants.

Jeanne au secours !

Depuis 1988 et la mise en place de cette tradition par le père fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen, il était de coutume pour le parti de rendre un hommage à Jeanne d’Arc, place des pyramides à Paris. Cette année, il n’en est pas question – du moins, pas sous l’œil des caméras. Une gerbe sera déposée sur le retour au pied d’une statue de la pucelle non loin de Rouen, ville où elle fut brûlée vive en 1431.

L’ambiance est conviviale. Les plats font des va-et-vient avant de trouver leur place entre les musiques de Balavoine et les selfies des militants.

Une opération dépoussiérage qui n’a pas plu à tout le monde. Le principal intéressé, Jean-Marie Le Pen, a revêtu son costume de gardien des traditions en tweetant : « Chaque 1er mai, depuis 1988, nous honorions Jeanne d’Arc et le Travail, le spirituel et le temporel, l’amour de la patrie et le goût de l’effort. Souvenirs ineffaçables ».

Peu importe, les quelques déçus retrouvent rapidement le sourire quand la madone du parti monte sur scène et charge violemment Emmanuel Macron : « Un dirigeant ne décide pas pour les citoyens comme un banquier le fait avec un client à découvert. Il voulait incarner le mouvement, la France est paralysée quand le monde galope. Rarement un Président a été si déconnecté, si esseulé, si assiégé, mais encore si arrogant ». Puis, c’est au tour de Jordan Bardella de monter sur scène. Les applaudissements pleuvent, une Marseillaise est entamée, les militants agitent les drapeaux bleu blanc rouge et le port du Havre se met à trembler. Le jeune chef de parti a choisi sa cible : la NUPES. « Vous étiez, à Sainte-Soline, aux côtés de fichés S d’ultra-gauche, en train de piétiner les champs de nos agriculteurs et de caillasser nos forces de l’ordre. Cette gauche NUPES, haineuse, hargneuse, irresponsable, n’offre aucun débouché à la colère du peuple. »

Lire aussi : « Think Macron » : quand la communication grand-remplace la politique

En clair, le tandem Le Pen/Bardella met le cap sur les prochaines échéances électorales. Les européennes dont ils voudraient faire des midterms à la française, les municipales avec une volonté d’ancrage territorial plus fort, et évidemment la prochaine présidentielle qui, on l’espère, détrônera la majorité présidentielle. Aucun doute, c’est au Havre que se dessine l’horizon 2027.

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