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Thierry Mariani (RN) : « En finançant monsieur Zelensky, nous l’éloignons de la table des négociations »

Par

Thierry Mariani

Publié le

2 février 2023

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Mariani

Le 24ème sommet entre l’Union européenne et l’Ukraine a lieu ce vendredi 3 février 2023 à Kiev. Dans une capitale ukrainienne en guerre, des cohortes de fonctionnaires européens viennent prêcher la bonne parole auprès de l’État ukrainien mais aussi à destination des opinions publiques européennes. Qui se souvient que c’est exactement ainsi que commença la spirale qui a conduit ce conflit ? Entre 2007 et 2012, l’Union européenne insista pour mener seule des négociations avec l’Ukraine en vue d’un accord d’association. Elle ne voulut jamais entendre parler de discussions à trois qui incluerait la Russie. Je me souviens pourtant avec émotion des propos du premier ministre ukrainien, Nikolaï Azarov, qui me dit en décembre 2013 : « En nous forçant à choisir, ils nous feront imploser ». Nous connaissons la suite : le président ukrainien refusa un temps de signer l’accord, l’implosion se produisit et, avec elle, la guerre civile, dont les évènements en cours depuis le 24 février 2022 sont une conséquence directe.

Lire aussi : Thierry Mariani : « Détruire nos nations ne sauvera pas l’Ukraine »

Il s’agit pour la Commission européenne de promouvoir la politique d’Ursula Von Der Leyen depuis le 24 février 2022. C’est d’ailleurs le sens d’un texte voté au Parlement européen qui appelle la commission à « communiquer sur les avantages de l’intégration de l’Ukraine à l’UE auprès des peuples européens ». Ce qui est de la propagande pour Russia Today est donc de la saine éducation démocratique pour les tenants d’un super État bruxellois.

Ce sommet ne verra pas une intégration accélérée de l’Ukraine à l’UE. Le pays est à des années lumières de remplir les conditions techniques d’accession, en matière de respect de l’État de droit, de lutte contre la corruption ou encore de stabilité politique. Après les russophones du pays, ce sont les communautés hongroises qui se plaignent de discrimination, voire même d’être envoyées en première ligne du conflit lors des conscriptions. L’UE sait donc bien que l’avenir de l’Ukraine dans l’UE est pour le moins lointain.

L’objectif est ailleurs : arrimer Kiev à Bruxelles en trouvant un mécanisme pour lui octroyer de nouveaux financements. Ce sont déjà 18 milliards d’euros de subventions et de prêts qui ne seront pas remboursés qui sont accordés à monsieur Zelensky pour l’année 2023. L’Ukraine est évidemment ruinée par la guerre et connaissait un niveau d’endettement historique dès après 2014 qui lui avait imposé une restructuration internationale de ses créances. Accorder un commencement rapide du processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE serait donc un énième moyen pour Bruxelles d’y déverser l’argent des Européens.

Il faut pourtant le répéter : s’il veut gagner sa guerre, le Président ukrainien n’aura pas assez de nos chars et de nos avions, c’est nos enfants qu’il réclamera en plus de notre argent

La corruption endémique en Ukraine devrait pourtant nous engager à la plus grande prudence avant une telle décision. Déjà, en septembre 2021, la Cour des Comptes de l’UE rappelait que l’Ukraine était « minée par la grande corruption » ce qui était pour le moins inquiétant sachant que les contribuables européens avaient déversé 17 milliards d’euros en Ukraine depuis 2014 selon les propres affirmations de la Présidente de la Commission européenne le 24 janvier 2021. En pleine guerre, le 24 janvier 2023, plusieurs militaires haut placés et membres de l’administration de Volodomyr Zelensky ont dû démissionner à cause des lourdes accusations de corruption les concernant, allant de la prise illégale d’intérêt en passant par le pur et simple détournement des aides étrangères. Il n’est pas prudent d’en parler. Les consignes du gouvernement français et de la Commission européenne sont telles que, demain, les partisans d’une paix rapide en Ukraine seront peut-être embastillés pour avoir défendu leur opinion. Qui rappelle que la victoire de Kiev est loin d’être acquise dans le conflit et que l’intérêt du gouvernement ukrainien est d’entrainer les peuples européens dans la guerre, est directement brocardé comme un agent du Kremlin. Il faut pourtant le répéter : s’il veut gagner sa guerre, le Président ukrainien n’aura pas assez de nos chars et de nos avions, c’est nos enfants qu’il réclamera en plus de notre argent. En finançant à fond perdu un homme qui n’a aucune autre option que celle-ci, nous l’éloignons de la table des négociations et entretenons sa volonté d’escalade. Oui, il faudra reconstruire l’Ukraine. Oui, la solidarité des peuples européens s’exprimera, comme elle s’exprime déjà dans notre accueil généreux des réfugiés de guerre. Il faut cependant qu’elle soit établie avec la paix en tête et non l’obstination de démontrer que Bruxelles aurait eu raison. Ce conflit sanglant nous prouve suffisamment le contraire.

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