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Europe : the system needs the antisystem to win against the antisystem

Par

Gabriel Robin

Publié le

5 mars 2018

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SEMAINE MARS

Tour d’horizon de l’actualité, c’est la semaine politique de L’Incorrect

 

Le Média fait dans l’entre-soi

Le Média est à l’information ce que Gide fut à la littérature, toutes proportions gardées, évidemment, car il produit un contenu autocentré qui fait le commentaire de ses propres commentaires de l’actualité. André Gide a, d’une certaine manière, donné ses lettres de noblesse au métatexte, multipliant les apartés dans son œuvre, enrichissant sa narration d’une novatrice analyse en surplomb. En un sens, Le Média lui est pour partie redevable, sous sa forme de métamédia. Jugez-en donc avec cet extrait d’un communiqué signé par la rédaction, et diffusé par Aude Lancelin : « Ce qui est insupportable, c’est de mettre en cause l’espace de liberté que nous avons créé et de fuir le débat en accusant Claude El Khal des pires ignominies ». En à peine un mois d’existence, Le Média, que certains journalistes naïfs avaient initialement pris pour une initiative purement citoyenne, alors qu’il s’agit de la Pravda de Jean-Luc Mélenchon, s’est mieux fait connaître pour ses polémiques internes, les analyses maison de sa politique éditoriale, que pour ses scoops, ses reportages ou ses émissions. Apparemment horizontal, son fonctionnement est en réalité ultra-verticalisé, centré autour du chef et de sa garde prétorienne. On a vu plus moderne !

 

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Les Suisses contre la suppression de la redevance

Les Suisses ont voté à 71,6 % contre la suppression de la redevance. Le No Billag a été rejeté, la RTS peut souffler. Ce résultat, en forme de plébiscite, peut surprendre mais il démontre que lorsque les citoyens sont appelés à voter pour des sujets qui les concernent directement, ils font souvent preuve d’une certaine maturité.

 

Le totalitarisme féministe sévit toujours…

« On a chopé la puberté », ouvrage destiné aux préadolescents des éditions Milan, ne sera pas réédité, suite à une polémique lancée par des féministes sur les réseaux sociaux. Les éditions Milan ont renoncé face à une campagne extrêmement violente et bien organisée, durant laquelle la société toulousaine a été accusée de répandre des « clichés » et une « image dégradante » des jeunes femmes. Autre reproche : les dessins ne montreraient pas assez de diversité ethnique, les personnages représentés étant majoritairement d’origine européenne. Des conseils humoristiques ont heurté ces féministes qui voient décidément le mal partout. Qu’on se le dise, les velléités des égalitaristes forcenés ne cessent de restreindre nos libertés. La pente est dangereuse…

 

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L’Italie dans la paralysie institutionnelle

Et si la Vème République, si décriée, avait finalement du bon ? Injuste, rude, elle permet pourtant de former des majorités difficilement contestables, sans risquer une paralysie. Tournons nos regards du côté de l’Allemagne, la première économie de la zone euro, où la coalition formée par les conservateurs et les socio-démocrates est aussi branlante que bâtarde. Maintenant, transportons-nous à Rome, où un scénario identique, sinon beaucoup plus complexe, est en train de se dessiner. En 70 ans, l’Italie a connu 62 gouvernements. Une instabilité chronique qui a joué plus d’un tour à ces Français de bonne humeur que sont les Italiens. Quel sera donc le visage politique de l’Italie demain ? Difficile à dire tant les résultats de l’élection ne délivreront pleinement leurs secrets que bien plus tard.

La loi électorale italienne est d’ailleurs si complexe, que les Italiens eux-mêmes, y compris les acteurs directs de la vie politique, ont du mal à la comprendre. On peut néanmoins tirer quelques premiers enseignements. Premièrement, le Mouvement Cinq Etoiles (Luigi Di Maio) est le grand vainqueur de la soirée, et ce même s’il n’obtient pas un score suffisant pour former une majorité. Arrivée en tête avec des chiffres en progression constante, cette formation inclassable tenant du Que Se Vayan Todos argentin, du rejet des élites, comme d’une forme d’expérience post politique d’extrême-centre, devient centrale. Preuve est faite que le populisme devient une donnée majeure du fait politique occidental contemporain.

Pour ce qui concerne l’Union européenne, le M5S a évolué. Auparavant favorable à une sortie sèche de l’Union, la formation fondée par Beppe Grillo souhaite aujourd’hui « modifier les Traités », axant son discours sur la question migratoire. Cela ne vous rappelle rien ? Autre enseignement : La Ligue du Nord a obtenu son meilleur score depuis sa formation en 1989. La mutation du parti, autrefois ultra-régionaliste, en parti eurosceptique néo-nationaliste a donc porté ses fruits. À tel point que la Ligue pourrait obtenir plus de sièges à la Chambre que Forza Italia, d’une courte tête ! Avec 257 sièges, l’alliance de centre-droit n’obtient pas une majorité absolue, ce qui la condamne, si elle entend gouverner, à s’entendre avec les Démocrates de Renzi, sévèrement battus, ou le M5S.

Suivant ce raisonnement, venons-en au troisième enseignement. Rien ne permet d’affirmer comment se composera le gouvernement italien demain ! Trois gros blocs antinomiques se font face. Trois gros blocs par ailleurs divisés, particulièrement le bloc de droite, où les tensions entre les deux principales forces pourraient s’intensifier suite à l’érosion du vote en faveur de Forza Italia. Les deux coalitions actuellement envisagées par les spécialistes italiens sont donc les suivantes (compte tenu du fait qu’un gouvernement technique entre les deux partis traditionnellement majoritaires, démocrates et Forza Italia, est mort et enterré par la faiblesse de leurs scores respectifs) : une association eurosceptique et populiste allant du M5S à la Ligue du Nord (Matteo Salvini) et Fratelli d’Italia (Giorgia Meloni), ou un attelage réunissant le M5S au bloc de centre-gauche.

Quoi qu’il en soit, ces résultats prouvent que nos sociétés se divisent profondément, ne parvenant pas à trouver les consensus politiques nécessaires à leur épanouissement. Parenthèse sur la Ligue du Nord, souvent caricaturée sous nos latitudes, elle gouverne deux régions parmi les plus riches de l’Italie (Lombardie et Vénétie) et n’a pas de racines fascistes, contrairement à ce qu’avancent quelques pseudo spécialistes en manque de sensations fortes. Si Salvini apparaît comme étant assez dur, ses cadres ne le sont pas autant. Ils ont une solide culture de gouvernement qui pourraient en faire des interlocuteurs crédibles.

 

Lire aussi : Dominique Reynié : ” c’est le populisme patrimonial qui est en mesure de bouleverser les démocraties”

 

L’immigration au cœur du scrutin

La problématique migratoire a été centrale lors du dernier scrutin italien. Ne nous y trompons pas, les scores importants obtenus par la droite et par le M5S sont aussi le signe d’un rejet des politiques d’immigration envisagées par l’Union européenne, que l’Italie paie très chèrement depuis plusieurs années, en raison de sa position géographique. Un message de Maryline Burmaud (Le Monde) l’illustre parfaitement : « Si on n’avait pas laissé l’Italie seule face aux arrivées de migrants, si on avait relocalisé autrement qu’au compte-goutte, évité de leur réexpédier les nos dublinés et ceux qui traversent à Menton ou Briançon… les pronostics du scrutin de demain seraient-ils les mêmes ? » En réalité, si les partis traditionnels avaient pris la mesure du rejet de l’immigration massive (mais aussi du déclassement social et économique des classes populaires et moyennes), et de ses corollaires que sont l’islamisation et la montée de l’insécurité, les partis dits populistes seraient marginaux. Dernier avertissement : the system needs the antisystem to win against the antisystem !

 

Lire aussi : Luca Traini : une tragédie comme outil de moralisation de la gauche

 

Nocivité des grandes-surfaces

Lidl vend un Cognac XO de 50 centilitres à 19,99 euros. Une bonne nouvelle pour les consommateurs, un désastre pour les producteurs. Des viticulteurs endettés auraient peut-être bradé leurs stocks… Lidl est irresponsable, participant à la dégradation de l’image d’un produit de luxe de l’agriculture française tout en étouffant les fabricants.

 

Marlène Schiappa se comporte comme un troll

Marlène Schiappa s’est attaquée à une simple twitto, peu connue, répondant au nom d’Adeline Noirmain, militante des Républicains : « Encore un exemple de Fake News Retweeté + de 500 fois, commenté y compris par des responsables politiques. 1/ Il n’a jamais été question de cela 2/ La loi n’est même pas encore ni écrite, ni présentée ! Voilà comment la fachosphère s’y prend pour essayer de jeter le discrédit » D’une syntaxe douteuse, ce message est indigne d’une personnalité du gouvernement. Une Secrétaire d’Etat doit-elle se comporter en vulgaire troll des internets, en livrant à la vindicte populaire une toute jeune femme ?

 

L’Europe face à l’optimisation fiscale

Les États européens vont essayer de taxer les géants du numérique, qui pratiquent l’optimisation fiscale, via l’Irlande, par exemple, et de ce fait échappent à l’impôt. Pour répondre à ce vol à grande échelle, l’Union européenne entend taxer les revenus des GAFAM-NATU-BATX dans les pays où se trouvent leurs utilisateurs et non pas là où ils ont installé leurs sièges sociaux. Une mesure forcément temporaire…

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